Que j'aimerais posseder cette robe ! s'ecria-t-elle avec un
enthousiasme tel que Marianne se mit a considerer interieurement l'effet
qu'elle produirait en rentrant en chemise a l'ambassade, car il ne lui
restait vraiment qu'une chose a faire : donner sa robe. Mais, decidee a
tout pour essayer de sauver sa mission et se concilier definitivement
les bonnes graces de la souveraine, elle proposa gaiement, sans meme une
hesitation : Si Votre Majeste veut bien me preter un manteau, une cape ou
n'importe quoi d'autre pour ne pas faire scandale en rentrant au palais
de France, je serais heureuse de lui offrir cette robe qui lui plait
tellement...
La jeune femme eut assez d'empire sur elle-meme pour ne pas broncher.
Son sourire ne perdit rien de sa chaleur ni de sa gentillesse et elle
parvint a garder une dignite pleine de desinvolture, ce qui, pour une
femme en chemise, n'etait pas si facile. L'amitie est une chose, dit-elle doucement, et la politique en
est une autre, diametralement opposee, il me semble. Ceci est un present
du cour... bien que je le considere comme assez indigne d'etre offert a
Votre Majeste et que je deplore de n'avoir rien de plus precieux pour
temoigner ma reconnaissance...
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